Mes personnages oscillent sur des chemins, tentant de s’ancrer malgré un équilibre précaire.
Ce sont des conteurs d’histoire, témoins d’une nature fragilisée.
Peut-être est-ce un retour à l’essentiel, dans un monde qui nous en éloigne trop souvent.
La nature renait, pousse de l’intérieur et reprend ses droits, comme si elle forçait le destin de chaque être.
Elle les habite, les bouscule, les surprend. Des branches apparaissent au bout de leurs doigts, des racines émergent et se
forgent une place, comme pour insister sur la nécessité de vivre simplement, rappelant que la nature , bien vivante est en
premier lieu, au cœur de tout
Sophie Jouan nous amène à modifier notre vision en une vision plus profonde ou différente, elle oblige notre regard à s’arrêter et à capturer nos démons, nos peurs, ou notre poésie.
Elle joue de nos absurdités avec humour, elle tente de déployer nos ailes trop souvent repliées sur elles-mêmes, nous pousse vers un déséquilibre qu’il est parfois bon de perdre, nous montre ce qu’il reste encore à percevoir derrière les choses telles des portes à ouvrir.
Peu importe la matière (acier, pâte à papier, terre papier), il s’agit ici d’univers, le sien.
Reste à chacun d’y pénétrer et de laisser parler en soi tout ce qui fait que l’insaisissable nous est offert, tels les territoires inconnus que l’on découvre avec l’humilité d’un vrai voyageur.
Xavier Pierrée
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